Cavoequiva – Pour les droits de l’homme

La réussite d’une jeune fille courageuse qui s’est frayé un chemin de la rue vers la vie en société

Cela fait plusieurs mois qu’Aya* est venue pour la première fois chez Cavoequiva. Clément Irié Bi, fondateur et président de l’ONG, se souvient de ses yeux d’enfants et de sa petite carrure quand il l’a aperçue parmi un groupe d’enfants sans-abri. Ils venaient demander de la nourriture au centre de transit communautaire de la ville. Aujourd’hui, Aya est de retour. Bien qu’elle soit revenue sans les enfants de la rue, elle n’est pas venue seule.

Comme elle se tenait là sur le seuil, elle portait un bébé dans son corps.

Aya est née dans un village reculé en Côte d’Ivoire où elle à vécu sa petite enfance avec ses parents. Elle a été amenée en ville par son oncle qui l’a placée chez une dame pour laquelle la jeune fille vendait des petits articles divers. Ayant travaillé plusieurs années sans recevoir sa rémunrération qui était versée à son placeur ,elle a été battue pour la énième fois lorsqu’elle a osé réclamer son du, ne pouvant plus supporter ce calvaire, elle fugue pour la rue.

Quand Aya a commencé sa vie dans la rue, elle n’avait pas plus que 9 ans.

Paralysée par l’impuissance, elle a rejoint un groupe d’enfants sans-abri qui devint bientôt sa nouvelle famille dans les rues d’Adjamé, un quartier populaire à Abidjan en Côte d’Ivoire. Suivant l’exemple des membres du groupe des aînés, les enfants ont rapidement appris à vendre tout ce qu’ils réussissaient à collecter. Pourtant, les conditions de vie étant tellement dures dans les rues, chacun ne pouvait que compter sur soi-même pour survivre dans un labyrinthe de drogues, violence et prostitution. Conduite par le désespoir, Aya décida de vendre ce qu’elle considéra  comme sa possession la plus précieuse : son propre corps.

Quand Aya a commencé sa bataille de survie, elle avait à peine 12 ans.

Cela fait seulement quelques semaines qu’Aya est en transit chez Cavoequiva ; quelques semaines seulement depuis qu’elle a retrouvé son sourire et qu’elle a commencé à penser avec enthousiasme à ses projets de vie à venir.

Se réintégrer dans la société. Devenir une coiffeuse. Créer une famille. Redécouvrir ses valeurs humaines.…

Le centre de transit communautaire sera son tremplin pour immerger dans une vie auto-déterminé par l’optimisme et de confiance.

Aujourd’hui, Aya a environ 16 ans.

Basée à Adjamé, une communauté d’Abidjan caractérisée par des troubles sociaux et la criminalité, Cavoequiva abrite environ 31 filles mineures vulnérables qui ont été victimes de traite et maltraitance.

Sa mission est de promouvoir le bien-être social et les droits de l’homme, particulièrement pour des femmes et des enfants. Par conséquent, l’ONG contribue activement à la santé communautaire et l’éducation scolaire par la création d’ évènement ludiques et des démarches de sensibilisation. Fondée en 2003 et transformée en centre de transit en 2011, Cavoequiva a relevé de nombreux défis pour répondre aux besoins quotidiens des enfants. A l’heure actuelle, son objectif principal est la réintégration sociale des enfants en situation vulnérable. Ainsi, le centre travaille en coopération avec la police locale, des centres sociaux et le Ministère de la Femme, de l’Enfant et de la Solidarité de Côte d’Ivoire.

Finalement, l’on prête l’écoute aux enfants et défend leurs droits.

Pour Clément Irié Bi cette activité est devenue un projet de vie qui demande plus que de la passion, de la détermination et de la persévérance. En effet, il faut de l’amour. L’amour pour tous ceux à qui Cavoequiva peut donner une vie pleine d’opportunités et le potentiel pour se réaliser. 


* prénom changé pour des raisons d’anonymat
** „Cavoequiva“ signifie Unissons-nous en langue Gourou

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